La Transformation Digitale des Achats : un abus de langage ?

Thierry Jaffry - avril 21, 2017

Information aux lecteurs : nous sélectionnons soigneusement les articles que nous relayons selon des critères spécifiques. Notre objectif est de partager du contenu que nous avons trouvé inspirant et qui vous apportera une réflexion novatrice sur la fonction achats. Vous trouverez l’original de l’article (en anglais) sur la transformation digitale en bas de la page.

Aujourd’hui nous avons sélectionné des extraits d’un article écrit par by Bertrand Maltaverne, un spécialiste et leader de la communauté Achats.

Selon lui, la “transformation digitale” est un terme utilisé à outrance. Il nous éclaire sur les différentes significations entre la digitalisation, la numérisation et la transformation digitale.

 

La Transformation Digitale des Achats :
Un bon abus de langage ?

de Bertrand Maltaverne

 

Les solutions informatiques existent depuis longtemps. Certaines sont mêmes omniprésentes. Ainsi, Cela reviendrait à affirmer que la transformation digitale est de l’histoire ancienne et que l’ensemble (si ce n’est toutes) des organisations sont déjà digitalisées.

Cependant, selon un étude effectuée récemment par The Hackett Group, la situation de la Fonction Achats est différente : “84% des services achats pensent que la transformation digitale va changer entièrement leurs manières de procéder au cours des 3 aux 5 prochaines années. Jusqu’à présent, seulement 32% des entreprises ont mis en place une stratégie dans ce sens.” (Etudes des principaux enjeux de 2017, The Hackett Group)

Je pense que de nombreux Directeurs Achats – et leurs équipes –  ne sont pas encore capables de définir une vision ou une stratégie achats en raison d’une incompréhension des divers termes utilisés à l’ère du digital.

Je parle de numérisation, de digitalisation et de transformation digitale. Ces mots sont souvent utilisés à mauvais escient – l’un à la place de l’autre. Beaucoup pensent que ces termes sont interchangeables, preuve qu’il y a une véritable confusion par rapport à ce qu’implique la transformation digitale. Par conséquent, il est difficile de construire une vision claire et de développer une stratégie réalisable. D’où la référence à l’abus de langage dans le titre de cet article.

 

Commençons par “définir” ces mots :

 

–      La Numérisation correspond à la conversion de l’analogique au numérique. Les bits remplacent les atomes (ex : numérisation de la donnée). Il n’est pas possible de numériser des humains.

–      La Digitalisation correspond à l’utilisation de la technologie digitale et de son impact (ex : digitalisation d’un  processus).

–      La Transformation Digitale est une première approche digitale qui comprend l’ensemble des aspects opérationnels, qu’il s’agisse d’une entreprise du secteur digitale – ou pas. Cela permet de cibler des nouveaux marchés, de nouveaux clients et touche aussi à l’activité de l’entreprise (collaborateurs, capacités, processus, tâches opérationnelles…).

 

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Ces définitions montrent à quel point ces notions sont imbriquées entre elles.

La numérisation de l’information permet de regarder, vérifier, partager, copier et de transférer les données plus facilement. Il y a désormais une véritable appropriation des données. L’étape suivante correspond à la digitalisation des processus opérationnels, grâce aux nouvelles technologies, qui a pour objectif de réduire les coûts et/ou augmenter les bénéfices.

La transformation digitale a le sens le plus large parmi les trois notions. Il y a aussi une différence significative avec la “digitalisation”. Cette dernière correspond le plus souvent à une amélioration incrémentale ou une adaptation digitale d’un processus qui ne l’était pas – ce qui engendre une meilleure efficacité. La Transformation digitale définit les nouvelles manières de faire qui génèrent de nouvelles sources de valeur. On parle donc plus d’efficience. De plus, elle implique toute l’entreprise, dans sa globalité, pas uniquement un processus ou un service spécifique.

 

Qu’en est-il de la transformation digitale des Achats ?

 

Lorsque les personnes parlent de la transformation digitale des Achats, ils évoquent – la plupart du temps – de la numérisation ou de la digitalisation.

Par exemple, pour les processus de Procure-to-Pay (P2P) :

–      Le scan des factures est un exemple typique de numérisation

–      L’utilisation d’un outil de eProcurement – ou eAchats – est un exemple de digitalisation

 

Premièrement, la Fonction Achats a un rôle particulier à jouer pour soutenir la transformation digitale des organisations puisqu’elle implique de nouveaux types de fournisseurs avec des offres et des capacités digitales spécifiques. Le Groupe Hackett l’a d’ailleurs listé parmi les 4 points clés à développer au cours de l’année 2017 pour les Directeurs Achats.

 

Deuxièmement, il y a beaucoup à apprendre des principes de la transformation digitale. Les différentes définitions de la digitalisation et de la transformation digitale impliquent un changement radical des perspectives. La digitalisation correspond principalement à l’amélioration incrémentale des méthodes actuelles. La transformation digitale  amène un regard neuf sur le champ des possibilités. Il s’agit de la créativité, plus que de la réingénierie. Les départements Achats sont encore pour la plupart réticents à prendre ce type d’initiative qui reviendrait à mettre un terme aux processus actuels au profit du digital.

 

Troisièmement, la transformation digitale est un prérequis (ou une condition) pour développer des capacités essentielles comme celles évoquées par Hackett Group :

–      Obtenir davantage de bénéfices du processus Purchase-to-Pay.

–      Améliorer l’agilité des achats

 

et cela en permettant aux directions achats d’adresser les points suivants (repris d’un autre rapport de Hackett Group) :

–      Concentrer les ressources sur les tâches à valeur ajoutée plutôt que sur le transactionnel   

–      Baser la prise de décision sur les données

–      Développer de nouvelles compétences pour la Fonction Achats.

 

J’espère que cet article vous a apporté un nouvel angle de vue sur la fonction Achats. Voici l’intégral de l’article, en version anglaise , écrit par Bertrand Maltaverne : Digital transformation of Procurement: a good abuse of language?

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L'Auteur

Thierry Jaffry est un expert reconnu de l’automatisation des processus achats. Il a successivement travaillé chez BravoSolution et Ivalua en tant que directeur de projet S2P avant de rejoindre Flucticiel, intégrateur de logiciels S2P, afin de créer Simetryk.


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